Contrairement à ce que l’on croit, l’impression 3D n’a pas été inventée par l’américain Charles "Chuck » Hull", mais par un petit groupe de français, initié par Alain Le Méhauté. A condition d’admettre que le père d’une technologie est celui qui en a eu l’idée et l’a réalisée et pas celui qui a déposé les "papiers" de propriété dans un organisme quelconque.

C’est un problème vieux comme le monde. A qui doit être attribuée la paternité d’une technologie. Ainsi l’américain Graham Bell est considéré comme l’inventeur du téléphone, une vérité véhiculée partout dans le monde, alors que le principe de la transmission de la parole par un conducteur a été inventée par l’italien Antonio Meucci, qui avait déposé un "caveat" en 1871, autrement dit une intention de dépôt de brevet, 5 ans avant que Graham Bell ne dépose un brevet définitif.
Bell n’est pas l’inventeur du téléphone, ce que ne semble pas avoir compris ChatGPT et ses "confrères" de la mouvance LLM.
Pour l'impression 3D, c’est exactement la même chose.
C’est bien le français Alain Le Méhauté qui en a eu le premier l’idée dès 1983, sauf qu’au départ il est parti sur de mauvaises bases en cherchant à appliquer globalement le principe de la polymérisation par rayonnement laser sur un objet, autrement dit en voulant le construire en un seul bloc et un seul passage (technique des objets "fractals"). Malheureusement des problèmes purement optiques, de diffraction parasite, par exemple, ne lui ont pas permis d’aboutir. Il faudra attendre des années, pour qu’un certain Jean-Claude André lui fasse remarquer que son projet était à la fois une bonne et une mauvaise idée et lui suggère de focaliser le laser non plus en volume mais en surface. Autrement dit de fabriquer un objet 3D par couches (surfaces) successives, chaque couche polymérisée étant fusionnée avec la couche d’en-dessous.
Le 16 juillet 1984, Alain Le Méhauté, un "compère" de la première heure, Olivier de Witte et Jean-Claude André, déposent un brevet au nom de la compagnie Cilas Alcatel, après avoir réalisé le premier objet imprimé en 3D de l’histoire, un escalier en colimaçon.
Ce n’est que 3 semaines plus tard que Charles Hull déposera le sien. De sorte qu’il n’y a pas l’ombre d’un doute, c’est bien Alain Le Méhauté et ses "collègues" qui sont les inventeurs de l’impression 3D.
Sauf que malheureusement, comme cela se produit souvent en France, les dirigeants n’ont rien compris au potentiel de l’invention et ont cessé de payer les redevances liées au brevet. Le CNRS qui est un organisme essentiel de la recherche française, aurait dû prendre le relais des trublions du début et plusieurs thésards se sont d'ailleurs lancé dans l’aventure, mais faute de moyens et de perspectives, ils n’ont pas abouti. Le CNRS se montrant en l’occurrence particulièrement incompétent et sectaire, la découverte de Le Méhauté n’entrant pas dans le cadre dans lequel il évoluait habituellement. Souvent la conséquence du cursus de formation de ses dirigeants…
De l’autre côté de l’Atlantique, Chuck Hull, après quelques difficultés a pu créer une entreprise, 3D Systems, fondée sur l’impression 3D qui sera une remarquable réussite de plusieurs centaines de millions $.
Quant à nos chercheurs français, ils ont abandonné. Alain Le Méhauté s’est tourné vers l’enseignement, Jean-Claude André succombera aux sirènes du privé et Olivier de Witte dirigera… la filiale française de 3D Systems. Un comble.
Deux morales sont à retirer de cette affaire. D’abord la certitude que ce n’est pas Chuck Hull qui a inventé l’impression 3D et ensuite le constat que si vous mettez des gens incompétents à la tête d’organismes aussi essentiels que le CNRS, vous êtes sûrs d'aller dans le mur. Encore une fois ce n’est pas la qualité des chercheurs qui est en cause, souvent exceptionnelle, mais celle d’une hiérarchie dont la compétence se limite souvent à la fabrication de quelques beaux tableaux Excel.